Ndoto ou l’union fait la force


News - Des nouvelles  |  Mardi, 15 Mai 2012

Cette histoire est publiée sur la site néerlandais de AAP dans le cadre de la 40e anniversaire de la fondation AAP. AAP a organisé un concours d’histoires parmi ses collaborateurs: en Avril/Mai 2012, 40 histoires sur des animaux remarquables sont publiées sur notre site. Quelques-unes de ces histoires seront adaptées en d’autres langues.

Un tout petit singe nous regardait du haut de son perchoir, collier à grelot autour du cou: voilà la première image que nous avons vue du petit magot Ndoto.

NdotoC’était juste après son arrivée dans un refuge français, en Septembre 2005. Il n’avait que quatre mois. Ayant été enlevé à sa mère au Maroc comme bébé, il avait été emmené en France où il a été confisqué. Au commissariat de Dreux ils n’avaient aucune idée où l’emmener; ils l’ont confié à un refuge local. Eux, ils avaient déjà sauvé beaucoup de « Nouveaux animaux de Compagnie » (NACs) mais jamais encore un singe… Tout le monde au refuge est tout de suite tombé amoureux du petit magot. Pendant des jours il restait dans un box de l’infirmerie, aménagé au mieux de ses besoins, entre couverture, jouets et arbre à chat. Les bénévoles le nourissaient et jouaient avec lui, pendant qu’au bureau on cherchait fiévreusement une solution. Aucun parc zoologique contacté ne voulait de lui : difficile, un jeune magot et on en a déjà tant…. Les autorités vétérinaires trouvaient qu’il fallait mieux l’euthanasier; de toute façon, si cela durerait trop longtemps, ils devraient intervenir. Nicole Gué, responsable du refuge, ne pouvait pas l’accepter et écrivait sur son vieux machine à taper à tout le monde qu’elle connaissait pour l’aider. Finalement elle a fini par tomber sur la personne que tout le monde qui avait “un souci de magot” en France contactait: M. Arnauld Lhomme, inspecteur de protection d’animaux et un homme qui prenait son travail au sérieux. Depuis les années ’90 il avait déjà emmené beaucoup de singes magots au refuge de la Fondation AAP. Lui, il allait chercher Ndoto avant que les autorités ne puissent intervenir. Ndoto a transité au refuge de Charmentray pour aller à Almere très vite après. L’émotion de Nicole et de ses collaborateurs était très grande le jour du départ de Ndoto, tellement ils étaient touchés par son sauvetage. Pour nous remercier, elle envoyait une longue lettre à AAP accompagné d’un beau chèque. Chez AAP, Ndoto allait en quarantaine et fut débarassé des poux qu’il avait rammassé quelque part le long de sa route. C’était un petit bonhomme courageux mais faible. Enlevé trop tôt de chez sa mère, comme beaucoup de ces petits magots, sa période de quarantaine se caractérisait de progrès et de rechutes.

Nicole continuait à suivre les faits et gestes de Ndoto. Après l’arrivée de ce dernier chez AAP, je l’ai appelé et ensuite nous recevions régulièrement une belle lettre dactylographiée rendant hommage au travail de AAP, accompagné souvent d’un chèque. Je répondais fidèlement à ses lettres, encouragé par le fait qu’elle publiait presqu’intégralement mes réponses dans le bulletin pour les adhérents de la SPDA locale. Nous envoyions des photos et des nouvelles de Ndoto. Il mangeait bien, il aimait jouer et très vite il a pu être introduit à un autre jeune magot du même âge, Xander.

Malheureusement, l’histoire de Ndoto ne connait pas une fin heureuse. Bienqu’il était social et suffisamment jeune pour apprendre des animaux auxquels il était introduits, sa santé restait très fragile. Physiquement, il était trop faible pour son âge. Et lorsque son petit camarade Xander déménageait au grand groupe de mâles qui vivait sur une de nos îles aux singes, Ndoto n’était malheureusement pas assez fort pour pouvoir les rejoindre.

L’été après son arrivée chez AAP – il avait alors un peu plus d’un an -, Ndoto tombait malade. Après avoir été traité pour une infection intestinale, il était de retour dans le hall des primates. Diarrhée, vomissements, manque d’appétit: c’est avec tristesse que les soigneurs devaient constater qu’il devenait de plus en plus maigre et de plus en plus faible. Jasper était assis à son côté pendant des heures et essayait de le nourrir. Lorsque Ndoto ne mangeait plus du tout mais continuait à vomir, le vétérinaire a décidé de mettre une fin à son calvaire.

J’écrivais une longue lettre aux collègues à Sérazereux. La consternation fut grande. Cependant, très vite après nous recevions un message plein de compassion au nom de tous les collaborateurs du refuge français. Ils nous faisaient part de leur tristesse, tout en remerciant chaleureusement les soigneurs de AAP pour tout ce qu’ils avaient fait pour Ndoto. Et, témoin de leur reconnaissance et de leur appréciation pour cette collaboration, ils nous envoyaient encore une fois un beau chèque: à la mémoire de Ndoto et pour tous les singes magots chez AAP qui ont une nouvelle chance à la vie.

Essa Reijmers (bénévole à la section Accueil)

 

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